APPRENEZ À GÉRER LES PENSÉES PARASITES EN PLEINE COURSE
En pleine course, tout va bien… jusqu’au moment où quelque chose bascule. Pas dans les jambes. Pas dans le souffle. Mais dans la tête. Les pensées parasites s’invitent. Sournoisement. Insidieusement.
Une petite voix intérieure commence à s’agiter :
« Pourquoi tu fais ça ? »
« Tu vas encore te cramer comme la dernière fois. »
« T’as pas assez dormi, tu vas exploser. »
« Tu devrais ralentir, abandonner, rentrer chez toi. »
Ces pensées, vous les connaissez. Elles peuvent surgir en plein 10 km, dans les derniers hectomètres d’un semi-marathon, au 32e kilomètre d’un marathon, ou à n’importe quel moment critique d’un trail ou d’un ultramarathon. En outre, elles ne font pas que vous ralentir. Elles grignotent votre énergie mentale, attaquent votre confiance et peuvent vous faire passer à côté de votre course.
Heureusement, il est possible de gérer ces pensées parasites, de les apprivoiser, de les neutraliser. Et surtout, de continuer à avancer avec lucidité, présence et motivation.
Qu’est-ce que des pensées parasites ?
Une pensée parasite est une pensée automatique, souvent négative, qui vient perturber la concentration, la motivation ou la performance. Elle s’impose à vous sans que vous l’ayez sollicitée, et elle se nourrit de vos doutes, de votre fatigue ou de votre stress.
À savoir qu’elle peut prendre différentes formes :
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Jugement personnel : « Je suis nul », « Je n’ai pas le niveau », « Je vais encore échouer ».
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Peur de l’échec : « Et si je n’arrive pas au bout ? », « Et si je me blesse ? ».
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Projection négative : « Il reste encore trop de kilomètres », « Cette montée va me tuer ».
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Comparaison toxique : « Les autres vont plus vite », « Je n’ai rien à faire ici ».
Certes, ces pensées ne sont pas forcément “fausses”, mais elles ne sont pas utiles dans l’instant. Autrement dit, elles réduisent votre efficacité, plombent votre moral et peuvent faire basculer une course bien engagée.
Pourquoi les pensées parasites apparaissent-elles ?
En fait, les pensées parasites en course à pied naissent généralement dans des situations spécifiques :
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Fatigue physique : votre corps commence à tirer la sonnette d’alarme.
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Douleur ou inconfort : une gêne musculaire ou digestive devient envahissante.
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Chute d’énergie ou de rythme : vous sentez que vous décrochez.
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Manque de préparation mentale : vous n’avez pas anticipé les moments critiques.
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Trop de pression : vous avez un objectif ambitieux, un chrono à battre, ou vous portez le poids du regard des autres.
C’est à ce moment précis que le mental doit prendre le relais. Pas pour lutter contre ces pensées de manière frontale, mais pour les désamorcer intelligemment.

7 clés pour gérer les pensées parasites en pleine course
1. Reconnaissez la pensée parasite
La première étape est la conscience. Plutôt que de vous laisser embarquer, mettez un nom sur ce qui se passe. Par exemple : « Ok, là c’est le doute qui débarque », ou « Tiens, la peur de l’échec refait surface ».
Nommer la pensée, c’est déjà reprendre du pouvoir sur elle. Vous l’isolez, vous l’identifiez, vous ne vous y confondez plus.
2. Remplacez les pensées parasites par une phrase-repère
En préparation mentale, nous utilisons souvent des formules personnelles et ancrées que le coureur peut répéter en boucle. Ces phrases doivent être crédibles, construites à l’avance, et testées à l’entraînement.
Quelques exemples :
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« Je suis prêt. »
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« Je sais faire face. »
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« J’avance à mon rythme. »
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« Je me recentre, je respire, je repars. »
Ces phrases agissent comme des anti-virus contre les pensées intrusives.
3. Ramenez l’attention dans l’instant
Vous l’avez compris, la pensée parasite vous éloigne du présent. Elle vous projette dans ce qui pourrait arriver (et qui n’arrivera peut-être jamais), ou bien vous enferme dans un souvenir négatif.
Revenez à l’instant. Concrètement :
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Concentrez-vous sur votre respiration.
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Comptez vos pas.
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Observez le paysage, les mouvements de vos bras.
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Fixez votre regard à dix mètres devant vous.
C’est une forme de pleine conscience en mouvement, et c’est une arme redoutable contre la dispersion mentale.
4. Préparez votre scénario mental
L’un des outils puissants en coaching mental est la visualisation des situations difficiles à venir. Avant la course, vous imaginez les passages critiques, les moments où vous risquez de faiblir. Et vous anticipez vos réactions.
Par exemple :
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Quand j’arrive au 35e km du marathon, je sais que je pourrais douter.
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À ce moment-là, je ralentis légèrement, je bois, je respire, et je me répète ma phrase-repère.
En procédant ainsi, cela vous évitera un moment de panique le jour J. Comme vous vous y êtes préparé, vous savez déjà comment réagir, vous avez un plan. C’est la différence entre l’amateur et le pro. Le pro a entrainé son mental. Cependant, vous savez aussi comment faire, alors faites-le.
5. Utiliser la technique de la boîte mentale
Visualisez une boîte mentale. Quand une pensée parasite surgit, jetez-la symboliquement dans cette boîte, refermez-la, et remettez-la à plus tard.
Cela peut paraître enfantin, mais cette visualisation très concrète est utilisée par de nombreux athlètes de haut niveau. Elle vous permet de vous détacher émotionnellement de la pensée, et de continuer à courir sans être parasité.
6. Renforcer son dialogue intérieur positif
Il faut dire que votre mental se nourrit de ce que vous vous racontez. Ainsi, si votre discours intérieur est défaitiste, anxieux, ou autocritique, il renforcera les pensées parasites.
Je vous suggère donc de travailler chaque semaine votre dialogue intérieur positif, avec des affirmations, des bilans d’entraînement constructifs, et une valorisation de vos progrès. Bien sûr, ce travail ne se fait pas seulement le jour de la course. Il s’entraîne au quotidien et tout au long de l’année.
7. S’entourer de bons repères émotionnels
Votre entourage, vos musiques, vos souvenirs positifs, votre histoire de coureur… tous ces éléments peuvent devenir des points d’ancrage mentaux. En un mot, en course, si vous sentez que ça tangue, puisez dans ces ressources affectives.
Par exemple, visualisez un moment fort d’entraînement. Ou alors un sourire. Pourquoi pas une victoire passée ? Mais aussi une image symbolique. Effectivement, l’émotion associée va vous remettre sur les rails.

Le mental aussi, ça s’entraîne
Il est évident qu’éviter les pensées parasites en pleine course n’est pas un don. Non, c’est un apprentissage. Une compétence mentale qui se développe avec :
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des outils,
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des répétitions,
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de la conscience,
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et un accompagnement personnalisé.
Depuis plus de 15 ans, j’accompagne des coureurs de tous niveaux (du 10 km à l’ultramarathon sur route) à retrouver de la clarté mentale, à gagner en solidité émotionnelle, et à transformer leur dialogue intérieur en moteur plutôt qu’en frein.
Apprenez à gérer vos pensées parasites en course
Si vous souhaitez aller plus loin, je vous propose une séance contact OFFERTE de 15 minutes, pour faire un point sur votre mental de coureur, vos blocages, vos envies, et explorer les premières pistes concrètes à mettre en place dans votre préparation.
- N’attendez pas que votre mental devienne un obstacle.
- Faites-en un allié solide, fiable, durable.
- Et courez plus serein, plus concentré, plus libre.













